C‘est l’histoire d’une séparation difficile. Annoncée en juillet dernier, le découplage de l’offre historique de location de DVD par correspondance de Netflix et de son service de streaming avait été accueilli très négativement par les abonnés (voir ici). Les utilisateurs mécontents ne se sont, à l’évidence, pas contentés d’écrire des commentaires négatifs sur les réseaux sociaux : ils sont 600 000 à avoir résilié leur abonnement au cours du troisième trimestre 2011.
Si l’hémorragie semble relativement contenue (Netflix compte aujourd’hui plus de 24 millions d’abonnés américains), il s’agit d’un bien mauvais signal envoyé aux actionnaires. Pour la première fois de son histoire, Netflix perd en effet du terrain au profit de ses concurrents historiques et des entrants les plus récents sur le marché du streaming. L’annonce de ces mauvaises performances a été accueillie froidement par les marchés financiers : les 15 et 16 septembre derniers, l’action Netflix enregistrait en effet un recul de 25% (voir l’article des Echos).
Les plates excuses de Reed Hastings
Cette baisse spectaculaire a poussé Reed Hastings, fondateur et CEO de l’entreprise, à fournir des explications à ses clients. Dimanche 18 septembre 2011 sur le blog de l’entreprise, le dirigeant présentait en effet ses plus plates excuses à ses abonnés. Sur le fond, la décision de scinder les deux activités est néanmoins actée : les structures de coûts du streaming et du DVD par correspondance seraient devenues trop différentes pour pouvoir coexister au sein d’une même offre.

L’offre historique de Netflix sera prochainement commercialisée sous la marque Qwikster. Si des garanties ont été apportées aux utilisateurs sur le maintien des conditions tarifaires actuelles, un retour aux anciens tarifs de Netflix ne semble pas à l’ordre du jour. La scission des deux activités pourrait d’ailleurs constituer l’acte fondateur d’une cession permettant à Netflix de dégager les liquidités nécessaires au développement et à l’internationalisation de son activité streaming.
De nouvelles fonctions sociales
Les réactions négatives provoquées par l’annonce de la séparation des deux activités auraient pu être atténuées par l’annonce, jeudi dernier, d’un partenariat entre Netflix et le réseau social Facebook permettant aux abonnés de partager leurs dernières locations avec leurs amis (article de Wired ici).
Ces nouvelles fonctionnalités sociales sont néanmoins inaccessibles aux abonnés américains (qui constituent l’immense majorité des clients de Netflix) en raison d’une loi fédérale datant de 1988 (les détails ici). D’autres services de streaming ont pourtant commencé à proposer des fonctionnalités sociales. Depuis quelques jours, les abonnés à Spotify peuvent ainsi partager automatiquement les morceaux de musique qu’ils écoutent avec leurs amis. De son côté, Hulu qui se pose désormais en principal concurrent de Netflix sur le marché américain, a fait un pas supplémentaire vers la « Social TV » en permettant à ses utilisateurs de publier et de commenter leurs émissions de télévision préférées sur Facebook (voir l’article de Techcrunch ici). Une occasion manquée ?
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