Dans l’actu

Même si je reste un fan inconditionnel de David Letterman, je dois admettre que les talk-shows américains sont souvent conventionnels : monologues éculés, invités en promo, chroniques répétitives. Dans ce paysage plutôt monotone, une émission détonne vraiment, le Colbert Report diffusé sur Comedy Central. A l’origine, le « Report » était une spin-off du Daily Show de John Stewart (également diffusé sur Comedy Central). Steven Colbert y incarnait un reporter républicain tendance « plus fan de Bush que moi tu meurs » totalement décérébré et franchement hilarant.

A ce stade de ce billet, vous êtes probablement un en train de vous demander pourquoi un prof de stratégie d’école de commerce est en train d’encenser un show satirique américain. WTF? comme dirait Afida Turner. En début de semaine, Steven Colbert a donné une géniale leçon de Management Stratégique en interviewant Jimmy Wale, le fondateur de Wikipedia. L’objet de l’interview, le business model de Wikipedia est assez incongru pour une émission humoristique mais le résultat est à la fois drôle et instructif. Wikipedia est une organisation à but non lucratif… ce qui dans l’esprit étriqué du personnage incarné par Steven Colbert semble assez incompréhensible.

La vidéo est disponible ici :)

Pour celles et ceux d’entre vous qui ont envie de découvrir les Business Models, l’ouvrage est un incontournable. C’est extrêmement innovant dans la forme et très pertinent sur le fond.Un dernier mot pour vous indiquer (si vous ne le connaissez pas déjà) l’adresse de l’excellent site qui accompagne l’ouvrage de Osterwalder et Pigneur (2013) consacré aux Business Model : www.businessmodelgeneration.com

Le nouveau classement des écoles européennes de commerce publié chaque année par le Financial Times est sorti il y a quelques jours et apparemment, il ne fait pas que des heureux. Dans un billet publié sur son blog, Henri de Bodinat se met en mode cocotte minute pour fustiger les classements qui ne comprennent rien aux écoles de commerce, les enseignant-chercheurs qui ne connaissent rien aux entreprises, les articles de recherche avec plein de chiffres dedans, les fusions qui ne servent à rien…

C’est toujours un petit peu triste de voir un entrepreneur brillant raconter n’importe quoi. Pour poursuivre le tweet assassin de Thomas Roulet (« BIGGEST BULLSHIT EVER »), je vais donc me livrer ici à l’exercice de désintox.

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En immersion dans la Newsroom

by Philippe on Jeudi 9 août 2012

Lancée par la chaîne américaine HBO au début de l’été, la série Newsroom raconte le quotidien de la rédaction d’un journal télévisé diffusé sur une chaîne d’info en continu. Ce qui pourrait n’être qu’une énième mise en abîme nombriliste (la télévision parle de la télévision) se révèle en définitive être une des séries les plus innovantes et les plus passionnantes de l’année. Au-delà des personnages attachants et des ficelles scénaristiques du drama qui sont ici parfaitement utilisées, la série donne au spectateur l’impression d’assister évènements, de découvrir les coulisses de l’actualité… de vivre en immersion dans la Newsroom.

Une des raisons pour lesquelles cette série a l’odeur de la réel est probablement l’utilisation de faits d’actualités réels comme élément de décor aux intrigues. L’épisode 5, diffusé cette semaine, se déroule en même temps que les évènements de la place Tahir advenus au printemps 2011. La semaine précédente, c’était la fusillade de Tuscon du 8 janvier 2011, au cours de laquelle la députée Gabrielle Giffords avait frôlé la mort, qui était intégrée dans la scénario. Dans cet extrait tiré de l’épisode 4, l’équipe de Newsnight improvise une édition spéciale et se refuse à annoncer la mort de la députée prenant ainsi le contrepied de la version des faits relayée, à l’époque, par CNN, MSNBC et Fox News.

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Avant d’être un excellent film porté par Brad Pitt, Moneyball (le Stratège dans sa version française) est un livre génial écrit par Michael Lewis. Avant d’être un livre génial, Moneyball est une vraie histoire : celle de l’équipe de Baseball des Oackland Athletics et de Billy Beane, le General Manager.

Devant faire face à une vague massive de départs de ses meilleurs joueurs et confronté aux limites budgétaires de son entreprise, Billy Beane entreprit en 2002 de rompre avec les codes de l’industrie du Baseball. Le nouveau paradigme introduit par Beane fut d’abandonner l’idée consistant à considérer qu’une bonne équipe de Baseball devait forcément être composée de joueurs stars payés une fortune. Beane décida alors de recruter des joueurs sous-évalués par les clubs concurrents afin de maximiser l’efficacité de son équipe tout en tenant compte de ses contraintes financières : La micro-économie néoclassique au service du Baseball.

L’histoire de Beane et des Oackland Athletics peut être utilisée pour illustrer un concept bien connu en stratégie : La stratégie océan bleu. Développé par Kim et Mauborgne (2005), ce concept part d’une idée assez simple. Dans des industries où la concurrence féroce empêche les entreprises de créer de la valeur, il est parfois plus payant de rompre avec le cadre stratégique environnant que d’essayer de surpasser ses concurrents à l’intérieur du cadre existant. Ce type de démarche permet de mettre la concurrence hors-jeu en sortant du dilemme porterien traditionnel entre différenciation et diminution des coûts.

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