Tel est en substance le message du communiqué de presse publié aujourd’hui par la station de radio RMC (article Ozap ici). Rachetée fin 2000 par l’homme d’affaire Alain Weil (un ancien du groupe NRJ), RMC a construit son succès sur le modèle des radio talk américaines : interactivité maximale avec les auditeurs, animation des talk-shows par des stars un peu dans le creux de la vague, sport et ton populaire frisant parfois le populisme.
Une formule qui marche puisqu’elle a permis au groupe que dirige Alain Weil, NextRadioTV de se diversifier en créant le chaîne d’information BFMTV et en rachetant plusieurs sites Internet et titres de presse (le plus important étant le quotidien économique La Tribune).

Alain Weil : Président de NextRadioTV
Les méthodes utilisées par RMC semblent aujourd’hui faire des émules. C’est du moins le sens du communiqué de presse d’aujourd’hui.
« La formule gagnante de RMC avec l’interactivité, les talk shows, le sport et en particulier la Formule 1, inspire les autres acteurs du paysage radiophonique. Il s’agit ainsi d’un bel hommage rendu à la stratégie et au travail des équipes de RMC »
Au-delà de l’ironie que manifeste RMC dans ce communiqué, une vraie question… qui touche aux fondements de la Stratégie.
Pour la plupart des auteurs, l’essence même de la Stratégie, c’est de conquérir un avantage concurrentiel. Qu’il s’agisse d’être plus innovant que les concurrents, de produire à moindre coût, de proposer une offre de meilleure qualité ou bénéficiant d’une meilleure image, l’essentiel sera d’être meilleur… et donc d’être différent.
A l’inverse, ceux qui se risqueraient à copier leur Stratégie sur le voisin risqueraient de s’enliser dans la voie moyenne, de subir « la malédiction des suiveurs » (un article en français qui traite de ce sujet ici).
La question est donc de savoir pourquoi des dirigeants d’entreprises qu’on suppose ne pas être nés de la dernière pluie s’enferment dans ce qui est souvent décrit comme un non-sens stratégique. L’explication la plus fréquemment avancée est liée à la thématique de l’incertitude : quand on est dans le brouillard, on regarde ce qui se passe ailleurs, chez des organisations qu’on considère (à tort ou à raison) comme légitimes (c’est notamment l’idée de DiMaggio et Powell, 1983) Alain Weill aurait donc bien raison de parler d’hommage rendu par les imitateurs.
Peut-être aussi que les imitateurs ne sont pas aussi idiots que ça… ou que les comportements imitatifs sont la traduction d’autres formes de rationalité. Peut-être que l’imitation est un préalable à une démarche de différenciation (c’est le sujet de ma thèse). Peut-être qu’on devrait aussi s’intéresser d’avantage aux facteurs qui font que ce type de comportement est plus répendu dans certains secteurs d’activité que dans d’autre (on parle depuis de nombreuses années de l’imitation dans le monde de la radio même si, c’est vrai, ces polémiques touchaient jusqu’ici plutôt les radios musicales – mon article ici).
DiMaggio, P. J. et Powell, W. W. (1983). «The Iron Cage Revisited: Institutional Isomorphism and Collective Rationality in Organizational Fields». American Sociological Review, Vol. 48, No. 2, pages 147-160.









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J’ai l’impression que RMC aime bien se victimiser. Ils avaient déjà accusé Europe de débaucher toute leur équipe à la rentrée.
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