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	<title>Un œil sur le Management... &#187; Marc Dupuis</title>
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	<description>Rien n&#039;est plus pratique qu&#039;une bonne théorie (Kurt Lewin) - le blog de recherche de Philippe Mouricou</description>
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		<title>La RSE à la rescousse théories du Management ?</title>
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		<pubDate>Sun, 27 Dec 2009 23:12:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
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		<description><![CDATA[Petit message introductif à mes étudiants en Management Stratégique : Ne lisez pas le reste de ce billet : le &#171;&#160;competitive advantage&#160;&#187; et la &#171;&#160;firm performance&#160;&#187; sont les deux mamelles de la Stratégie. Bon courage pour vos révisions. Pour l&#8217;exam final, n&#8217;oubliez pas de trouver un fil directeur et de choisir les outils les plus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p><span class="drop_cap">P</span>etit message introductif à mes étudiants en Management Stratégique : Ne lisez pas le reste de ce billet : le <em>&laquo;&nbsp;competitive advantage&nbsp;&raquo;</em> et la<em> &laquo;&nbsp;firm performance&nbsp;&raquo;</em> sont les deux mamelles de la Stratégie. Bon courage pour vos révisions. Pour l&#8217;exam final, n&#8217;oubliez pas de trouver un fil directeur et de choisir les outils les plus pertinents par rapport à ce fil directeur. Pensez à organiser vos recommandations et à les développer (je préfère trois recommandations approfondies et bien articulées que 15 idées jetées à l&#8217;arrache à la fin de votre copie). Essayez de justifier chaque recommandation en termes de pertinence (reprenez les éléments que vous avez mis en avant dans votre diagnostic), de faisabilité et d&#8217;acceptabilité [fin du brieff pour les révisions].</p>
<p>Les choses sérieuses maintenant. Mon ami Marc Dupuis, professeur émérite à l&#8217;ESCP Europe, m&#8217;a récemment envoyé un lien vers un article consacré à la RSE sur le blog de <a href="http://demetentreprises.wordpress.com/">Démocratie et Entreprises</a>, un think tank progressiste s&#8217;intéressant au monde du Management. Comme je l&#8217;indiquais dans mon billet précédent, j&#8217;ai tendance à voir d&#8217;un très bon œil toute réflexion critique consacrée à l&#8217;entreprise. Au-delà des <em>&laquo;&nbsp;critical studies&nbsp;&raquo;</em> (qui sont absolument indispensables), les Sciences de Gestion dans leur ensemble gagneraient à sortir du pragmatisme de façade à l&#8217;intérieur duquel elles se sont un peu enfermées en accordant trop d&#8217;importance (à mes yeux) aux thématiques de liées à la performance et à l&#8217;avantage concurrentiel.</p>
<p>L&#8217;idée de Marc (que vous pourrez retrouver <a href="http://demetentreprises.wordpress.com/2009/12/25/theories-du-management-vers-un-renouveau-2/">ici</a>) est la suivante : il est temps de repenser le rôle des entreprises et de sortir du &laquo;&nbsp;make money and profit&nbsp;&raquo; (le rôle de l&#8217;entreprise selon l&#8217;économie libérale) pour embrasser des préoccupations liées à leur responsabilité sociale et environnementale (RSE). L&#8217;essor de la thématique de la RSE (observable depuis le début des années 2000) fait prendre un sacré coup de vieux aux théories orthodoxes du Management (c&#8217;est moi qui rajoute le &laquo;&nbsp;orthodoxe&nbsp;&raquo;) et justifie de nouveaux développements conceptuels. Marc insiste particulièrement sur deux domaines de recherche : la notion de parties prenantes et la théorie des<em> &laquo;&nbsp;core competencies&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p>Marc est optimiste et il a bien raison de souligner que la mise entre parenthèses du sempiternel &laquo;&nbsp;make money and profit&nbsp;&raquo; de Milton Friedman vient ouvrir des perspectives excitantes aux chercheurs. Ceci dit&#8230; ces derniers n&#8217;ont pas attendu la RSE pour s&#8217;intéresser à autre chose qu&#8217;au profit&#8230; et je ne suis pas forcément convaincu du pouvoir de transformation des approches par les parties prenantes et par les <em>&laquo;&nbsp;core competencies&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p>Concernant les parties prenantes&#8230; j&#8217;ai toujours du mal à comprendre le sens de cette approche. On peut faire des typologies à l&#8217;infini, identifier, classer les parties prenantes, essayer de travailler à la satisfaction de toutes les parties prenantes (et plus uniquement des actionnaires)&#8230; mais depuis les travaux fondateurs de Freeman, je ne vois pas d&#8217;avancée qui puisse conduire à une vision renouvelée du Management. Au mieux, on adopte une définition un peu élargie de la valeur (on retrouve les grands débats sur l&#8217;opposition valeur actionnariale <em>versus </em>valeur partenariale)&#8230; au pire, on retombe sur des discours très normatifs appréhendant les attentes des parties prenantes comme des contraintes à satisfaire pour engranger un maximum de profits (pas très nouveau, pas très progressiste, pas très excitant).</p>
<p>Pour les <em>&laquo;&nbsp;core competencies&nbsp;&raquo;</em>&#8230; le constat sera peut-être encore plus sombre. Je veux bien que l&#8217;approche de Hamel et Prahalad puisse être considérée comme une vraie révolution dans l&#8217;univers du Management Stratégique des eighties qui avait tendance à assimiler la réflexion Stratégique à un simple diagnostic externe&#8230; mais le message qu&#8217;adressent les deux auteurs aux managers dans leur ouvrage <em>&laquo;&nbsp;Competing for the future&nbsp;&raquo;</em> est plutôt clair (dans le genre titre mégalo&#8230; bon ok j&#8217;arrête). Il s&#8217;agit avant tout d&#8217;identifier et utiliser les compétences clés (ignorées dans l&#8217;analyse porterienne) pour créer et renouveler un avantage concurrentiel. Autrement dit, les leviers sont différents mais l&#8217;objectif reste le même : l&#8217;avantage concurrentiel (une version soft du &laquo;&nbsp;make money and profit&nbsp;&raquo; de Friedman).</p>
<p>Pour résumer le fond de ma pensée : les deux théories citées par Marc viennent rafistoler un modèle un peu périmé. Si on voulait vraiment créer un modèle alternatif de Management (puisque HEC a créé une majeure &laquo;&nbsp;Management Alternatif&nbsp;&raquo;) c&#8217;est bien sur la finalité de l&#8217;action managériale qu&#8217;il conviendrait de s&#8217;interroger.</p>
<p>Faute de remise en cause profonde du concept d&#8217;avantage concurrentiel, la RSE ne sera qu&#8217;un plug-in de plus à rajouter à l&#8217;approche orthodoxe du Management.</p>
<p>D&#8217;un point de vue personnel, j&#8217;aurais tendance à commencer par étudier la finalité que donnent à leurs actions ceux qui fabriquent la Stratégie et le Management (ces acteurs n&#8217;étant pas uniquement des directeurs généraux) mais c&#8217;est peut-être une déformation personnelle liée à mon attachement au champ de la Strategy-as-practice. Partant de là, la recherche en Sciences de Gestion pourrait s&#8217;en tenir à un objectif d&#8217;émancipation des praticiens : comprendre les organisations pour leur donner des clés et leur permettre de se réapproprier leur destin plutôt que de proposer des outils supposés améliorer la performance (performance qu&#8217;on est toujours bien en peine de définir).</p>
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