Il semblerait que la mue de Netflix se soit accélérée. Selon le San Francisco Chronicle, son dirigeant Reed Hastings aurait ainsi déclaré « Netflix’s future is in the business of premium pay television delivered over the Internet ».
L’entreprise, qui est récemment devenue la principale source de trafic Internet en Amérique du Nord (source Techcrunch) a récemment annoncé la mise en place de nouveaux tarifs. A compter de septembre, les offres de DVD-by-mail et de streaming illimité seront commercialisées séparément au prix de 7,99$ par mois. Comme le révèle Techcrunch, il faudra donc débourser au minimum 15,98$ pour profiter des deux services (contre 9,99$ actuellement).

Selon LaTribune.fr, cette hausse s’expliquerait pas l’augmentation du coût des licences sur l’activité streaming (2 milliards de dollars l’année prochaine contre 180 millions en 2010) et par la fin de l’accord liant Netflix à Starz en 2012. Le développement du catalogue proposé par Netflix à ses abonnés en streaming a donc un coût, que l’entreprise entend désormais répercuter sur les factures de ses clients pour préserver ses marges.
Cette évolution traduit par ailleurs l’échec de la tarification mise en place par Netflix fin 2010. En proposant le service de DVD-by-mail comme une option adossée au streaming (7,99$ pour le streaming + 2$ pour la location de DVDs), l’entreprise espérait en effet voir une part importante de ses clients migrer vers le tout streaming (article du San Francisco Chronicle ici). L’activité DVD-by-mail serait devenue trop coûteuse : en bon gestionnaire de portefeuille, Netflix chercherait donc à utiliser les liquidités qu’elle génère pour développer le streaming quitte à sacrifier ses perspectives de croissance (vous reconnaitrez les prescriptions du bon docteur BCG).
Positivement accueillie par les marchés financiers (le 13 juillet, le cours de l’action Netflix a augmenté de 7,46$ pour se stabiliser à 298.73$), l’annonce des nouveaux tarifs a suscité des réactions négatives extrêmement vives chez les consommateurs. En quelques heures, 50 000 commentaires se sont ainsi accumulés sur la page Facebook de Netflix (source SF Chronicle) auxquels se sont ajoutées plusieurs dizaines de milliers de réactions postées sur Twitter ou sur le forum du site Internet de Netflix. Cette décision pourrait profiter à Amazon.com, Hulu ou Redbox qui devraient voir migrer vers leurs services une partie des utilisateurs déçus.
Malgré les réactions négatives de ses clients, Netflix entend poursuivre son développement international. Après le lancement du service de streaming au Canada l’année dernière (plus d’un million d’abonnés actuellement), l’entreprise devrait prochainement s’implanter en Amérique du Sud et, peut-être, en Europe.
Et vous ? Que pensez-vous de l’augmentation des tarifs de Netflix ?
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