TNA

L‘expérience n’aura duré que deux mois. Après avoir décidé de programmer Impact le lundi soir sur Spike TV (en concurrence frontale avec la WWE diffusée sur USA), la TNA est retournée à son créneau du jeudi soir. L’audience réalisée par la dernière édition de Monday Impact (3 mai) vient confirmer la tendance observée depuis le 8 mars, date du lancement de la nouvelle formule.

Avec une part d’audience de 0,78% (1,1 millions de téléspectateurs), les performances d’Impact sont nettement inférieures à celles de Monday Night Raw (3,05%) (source : Rajah.com).  Le premier test de la TNA le lundi soir diffusé le 4 janvier 2010 avait pourtant été jugé encourageant par Dixie Carter (présidente de la TNA) et par le diffuseur Spike TV : 1,18% de part d’audience pour un peu plus de deux millions de téléspectateurs.

Explication d’Eric Bischoff (ancien dirigeant de la WCW et membre de l’équipe de direction de la TNA) : la WWE est devenue trop grosse pour pouvoir être concurrencée, les fans se sentaient frustrés de devoir zapper entre les deux programmes. De retour sur sa case du jeudi soir le  13 mai dernier, Impact a réalisé une performance en léger recul par rapport à ses anciens scores : 0,9% de part d’audience (1,28 millions de téléspectateurs, source : PWtorch). La TNA devrait prochainement mettre en œuvre un plan d’économies qui pourrait aboutir au licenciement de plusieurs athlètes.

La WWE publie, ce mois-ci, son rapport annuel 2009. Les données financières ne font pas apparaitre de surprise majeures : les principaux éléments ayant déjà été communiqués au public lors de la présentation des résultats du quatrième semestre 2009.

Il est cependant intéressant de voir de quelle façon l’entreprise communique sur sa stratégie. Dans la lettre annuelle qu’il adresse aux actionnaires de la WWE, Vince McMahon insiste cette année sur les réductions de coûts réalisées en 2009 qui ont selon lui permis de dépasser les objectifs de résultats financiers fixés en 2008 et ce malgré la crise.

L’entreprise de Stamford insiste, ensuite, sur les performances des programmes de télévision diffusés aux Etats-Unis : même si Smackdown et Raw ont vu leur audience se tasser légèrement, le lancement de WWE Superstars sur WGN porte le nombre de personnes regardant au moins un des shows chaque semaine à 15,9 millions (+ 600 000 sur un an). La WWE met, particulièrement en avant le concept de « guest-host » à Raw (à l’instar de Saturday Night Live, le show est animé par une célébrité différente chaque semaine) et confirme sa volonté de continuer à faire évoluer ses programmes pour les rendre encore plus familiaux.

La politique d’internationalisation de l’entreprise est expliquée : elle se limite principalement à la signature de nouveaux accords de diffusions au Royaume-Uni et en Chine. On comprend qu’à terme, l’idée est d’accroitre l’audience des programmes de la WWE pour développer les autres activités à l’international (produits dérivés, shows live, etc.)

Malgré des résultats assez décevants en 2009, la branche films reste une des priorités stratégiques affichées. Les performances médiocres de la WWE sur son activité cinématographique l’amènent cependant à revoir son modèle économique : au lieu de concentrer ses efforts sur un nombre limité de productions à gros budget, l’entreprise entend produire plus de films moins coûteux (commentaire tout à fait personnel : ça sent la production de nanards à la chaîne). Ces productions devraient sortir simultanément en salle, en DVD et VoD afin de limiter les coûts marketing associés à la promotion. Outre la promotion croisée dans les shows hebdomadaires, sur son site Internet et dans ses magazines, la WWE place des espoirs importants dans un nouveau partenariat avec Vivendi.

Le rapport annuel accorde également une place importante à la communication institutionnelle de la WWE (partenariats avec Make-a-wish, initiatives contre l’illettrisme, opération « tribute to the troops » en Irak, etc.). Rappelons que ces efforts ont été largement développés à la suite du scandale lié à la mort du catcheur Chris Benoit en 2007.

Enfin, Vince McMahon cherche à lever les craintes des investisseurs consécutives au départ de Linda McMahon (qui s’est lancée en politique) et de son fils Shane (parti, quant à lui, on ne sait pas trop où).

Comme chaque année, pas un mot la TNA dont les initiatives stratégiques récentes (concurrence frontale avec la WWE le lundi soir) se sont, il est vrai, soldées par des échecs.

Téléchargez le rapport annuel 2009.