Le 16 septembre dernier, Linda McMahon démissionnait de ses fonctions de CEO de la WWE pour se consacrer à l’élection sénatoriale dans le Connecticut (communiqué de presse de la WWE). Le parcours politique de Mme McMahon est jusqu’ici un succès. Au terme d’une primaire très disputée, Linda McMahon a en effet décroché l’investiture du camp républicain le 10 aout dernier (article du San Francisco Chronicle ici). Cette aventure a néanmoins un coût : Linda McMahon prévoit de dépenser 50 millions de dollars de sa propre fortune personnelle pour être élue au Sénat en novembre prochain. « Cet argent, je l’ai gagné et cet argent, je vais maintenant l’investir » a-t-elle déclaré lors de son passage à l’émission de ABC Good Morning America.
La bataille s’annonce néanmoins difficile pour l’ancienne dirigeante de la fédération de catch. Son adversaire démocrate, Richard Blumenthal, lui reproche en effet d’avoir bâti son succès sur l’exploitation d’athlètes dopés aux stéroïdes. Une accusation balayée par Linda McMahon qui cherche à mettre en avant la mise en place (récente il est vrai) d’une politique de prévention par la WWE. Comme l’explique Linda McMahon dans ce spot de campagne, les programmes de la WWE ne sont qu’un soap opera alors que les problèmes de l’Amérique sont, quant à eux, bien réels.
Les attaques du camp démocrate pourraient néanmoins trouver un écho favorable auprès des électeurs du Connecticut. Le week-end dernier, la presse a en effet relayé le décès de Lance Cade à l’age de 29 ans. Lance Cade (Lance McNaught de son vrai nom) était sous contrat avec la WWE jusqu’en avril 2009. Selon le Wrestling Observer, il serait décédé d’une crise cardiaque liée à l’utilisation répétée de stéroïdes et de médicaments anti-douleur. Avant son départ de la WWE, Lance Cade avait suivi une cure de désintoxication financée par la WWE.
La première réaction de Linda McMahon a été pour le moins maladroite. La candidate républicaine a en effet estimé que la WWE n’était pas plus responsable de la mort de Lance Cade que les studios de cinéma de celle de l’acteur Heath Ledger (article du quotidien britanique « The Sun »). Cette réaction qui a provoqué une vive indignation parmi les fans de la WWE soulève à nouveau la question du caractère tardif de politique de prévention mise en place par la WWE et de son efficacité réelle.
Selon Chris Novinwki, un ancien catcheur de la WWE, c’est dans l’objectif de coller au personnage qui lui avait été attribué par les équipes créatives de la WWE que Lance Cade consommait des stéroïdes. Pour Nowinski, la WWE était totalement consciente des problèmes rencontrés par ses athlètes et n’a décidé de mettre en place ses mesures de prévention qu’après les décès de Chris Benoit et de Eddy Guerrero (en 2007 et 2005).
Selon cet ancien catcheur, ces mesures seraient d’ailleurs très insuffisantes. En niant ses responsabilités, Linda McMahon salirait la tombe de Lance Cade. Et Nowinski de rappeler que sous la direction de Linda McMahon, la WWE a établi un environnement dangereux pour ses athlètes en n’exerçant aucun contrôle médical sur ce qui se déroulait dans le ring et en encourageant ses athlètes à consommer des stéroïdes (la vidéo de l’interview de Chris Nowinski sur la chaine NECN ici).
Les élections sénatoriales américaines auront lieu en novembre prochain.
L‘expérience n’aura duré que deux mois. Après avoir décidé de programmer Impact le lundi soir sur Spike TV (en concurrence frontale avec la WWE diffusée sur USA), la TNA est retournée à son créneau du jeudi soir. L’audience réalisée par la dernière édition de Monday Impact (3 mai) vient confirmer la tendance observée depuis le 8 mars, date du lancement de la nouvelle formule.
Avec une part d’audience de 0,78% (1,1 millions de téléspectateurs), les performances d’Impact sont nettement inférieures à celles de Monday Night Raw (3,05%) (source : Rajah.com). Le premier test de la TNA le lundi soir diffusé le 4 janvier 2010 avait pourtant été jugé encourageant par Dixie Carter (présidente de la TNA) et par le diffuseur Spike TV : 1,18% de part d’audience pour un peu plus de deux millions de téléspectateurs.
Explication d’Eric Bischoff (ancien dirigeant de la WCW et membre de l’équipe de direction de la TNA) : la WWE est devenue trop grosse pour pouvoir être concurrencée, les fans se sentaient frustrés de devoir zapper entre les deux programmes. De retour sur sa case du jeudi soir le 13 mai dernier, Impact a réalisé une performance en léger recul par rapport à ses anciens scores : 0,9% de part d’audience (1,28 millions de téléspectateurs, source : PWtorch). La TNA devrait prochainement mettre en œuvre un plan d’économies qui pourrait aboutir au licenciement de plusieurs athlètes.
Vince McMahon lors du « conference call » trimestriel de présentation des résultats s’est montré assez peu enthousiaste à propos de l’édition 2010 de Wrestlemania. Même si l’évènement a réuni plus de 70 000 personnes au Reliant Stadium de Houston (Texas), les ventes de pay-per-views sont en net recul : -12% sur un an. En cause selon Vince McMahon : la concurrence du football américain et un programme qui n’était pas vraiment à la hauteur des attentes des fans. L’évènement demeure cependant, selon le président de la WWE, une opération particulièrement rentable.
Interrogé par un actionnaire sur le lien entre la baisse tendancielle du nombre de ventes de pay-per-views aux Etats-Unis et la concurrence de l’UFC, le président de la WWE s’est néanmoins montré rassurant. Selon lui, ces deux éléments seraient en effet indépendants : l’UFC et les mixed-martial-arts seraient d’avantage en concurrence avec la boxe qu’avec le catch (qui n’est pas un sport mais un divertissement).
Vince McMahon animait aujourd’hui l’assemblée générale de la WWE. L’évènement est largement couvert par le site PWTorch qui donne de nombreuses informations sur les perspectives stratégiques de l’organisation (l’article ici).
On peut notamment apprendre le lancement prochain d’une chaine de télévision WWE aux États-Unis. Une tentative d’intégration verticale vers l’aval qui ne devrait cependant pas remettre en question la diffusion de Monday Night Raw sur USA et de Smackdown sur SyFy mais qui devrait permettre à la WWE de proposer d’autres types de programmes (télé-réalité notamment).
Concernant la stratégie internationale : rien de nouveau sous le soleil. Vince McMahon se refuse à créer une division européenne de la WWE au motif que les fans préfèreront toujours regarder Raw et Smackdown. La WWE, qui continue à générer 72% de ses recettes en Amérique du Nord, n’entend donc pas créer de nouveaux produits dans ses nouveaux marchés.
« What we find, no matter where we go, people all over the world want Western culture; they want our stars. A local star means nothing. The idea is to make it once, then take that product and make it adaptable to the entire world, as opposed to establishing a whole separate set of talent and production while still maintaining the quality of the production. It would be very difficult and costly »
A l’heure actuelle, le seul élément qui pourrait encourager Vince McMahon à envisager la création d’une nouvelle promotion à l’international serait la saturation des capacités de productions de la WWE : « Dans 10 ans, peut-être que nous nous lancerons dans cette voie. Parce que c’est vrai, nos athlètes ne peuvent se produire qu’un nombre limité de dates chaque année mais je crois que ça ne risque pas d’arriver si vite que ça. »
Enseignant-chercheur à France Business School (campus de Tours), mes travaux académiques sont ancrées dans les champs de la Stratégie et de l'Organisation. Ils concernent plus spécifiquement les thématiques liées aux pratiques de la stratégie (strategy-as-practice) et aux stratégies d'imitation.
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